Voilà! J'arrive, j'arrive! Les rues défilent devant moi; elles pourraient m'habiter, m'enivrer, que je ne demanderais pas mieux. Et mon pas, un peu lourd, un peu glauque... Je regarde le visage des passants; des paires de yeux globuleux s'arrêtent parfois contre l'interrogation qui perlent dans les miens, mes lèvres frémissantes, mes dents qui claquent, imperceptiblement. On me trouve jolie peut-être, triste sans doute; on ne me voit pas, inévitablement. Et je marche dans la rue bondée, je cherche un café, une ambiance pour écrire et raconter un peu mon arrivée...
Mon arrivée.
J'adore cette ville, sa ferveur et les parfums qu'elle transporte; il fallait partir pour mieux l'apprécier, pour la contempler avec ses yeux d'enfants, me laisser bercer à nouveau dans ses bras. J'adore ma ville et pourtant, une étrange angoisse... à mesure que mes jambes avancent, que mes bras se ballottent, et toutes mes questions harcelant dans le silence des silhouettes familières. Croiser des passants, reconnaître des gens, voir des amis, éviter des ennemis. Il n'y a rien de tout cela dans la ville en effervescence, et c'est qu'elle grouille, de petits bouillons, des ricanements amers, de tout ce que j'aurai mis de côté durant trop longtemps.
Et puis, marcher longuement, de ces grandes inspirations qui font toussoter mes poumons fatigués, je flotte presque, comme si ce n'était pas ma vie, que j'avais cessé d'exister un peu, une espèce d'a-temporalité, et je m'y baigne, les yeux clos, les yeux ouverts... Les gens sont si beaux, si gracieux, si séduisants; je les regarde et je souris, je flirte avec leurs spectres qui effleurent mon épaule au passage, et le parfum de leur sueur, de leur bouche langoureuse, d'une salive humectant des lèvres entrouvertes... Je marche, l'air hagard, alors que j'apprends à reconnaître les rues, à les retrouver dans ma tête, à leur sourire en leur envoyant la main. Ma quête? Un café, un crayon, du papier. Écrire les premiers vers de mon arrivée.
Laisser l'angoisse s'exulter un peu; elle viendra bien assez vite la confrontation des revenants.
Et puis, marcher longuement, de ces grandes inspirations qui font toussoter mes poumons fatigués, je flotte presque, comme si ce n'était pas ma vie, que j'avais cessé d'exister un peu, une espèce d'a-temporalité, et je m'y baigne, les yeux clos, les yeux ouverts... Les gens sont si beaux, si gracieux, si séduisants; je les regarde et je souris, je flirte avec leurs spectres qui effleurent mon épaule au passage, et le parfum de leur sueur, de leur bouche langoureuse, d'une salive humectant des lèvres entrouvertes... Je marche, l'air hagard, alors que j'apprends à reconnaître les rues, à les retrouver dans ma tête, à leur sourire en leur envoyant la main. Ma quête? Un café, un crayon, du papier. Écrire les premiers vers de mon arrivée.
Laisser l'angoisse s'exulter un peu; elle viendra bien assez vite la confrontation des revenants.

J'attendais impatiemment le billet du week-end...
RépondreSupprimerJe suis arrivé ici il y a une semaine, grâce à Romain Gary qui sourit dans ton profil.
J'espère que ces deux premiers superbes messages n'étaient pas un simple coup d'épée dans les mots...
Tendrement
Bien sûr qu'il y aura d'autres 'chroniques', mais je suis une écrivaine quelque peu lente, je dois l'avouer :)
RépondreSupprimerJe suis bien contente de savoir que Romain Gary s'est métamorphosé, l'espace d'un instant, entre trajectoire, chemin de 'l'entre'.
À bientôt